Culture de pommes de terre sans sol

Le magazine “Les 4 Saisons du jardin bio” a lancé un défi à ses lecteurs : cultiver des pommes de terre sans les enfouir. Le protocole était simple. Deux parcelles côte à côte. Une première où les tubercules reposaient sur le sol, recouverts uniquement de paille et de fibres végétales. Une deuxième parcelle témoin avec la méthode classique, en terre. Même fertilisation pour les deux : 2 à 3 kg de compost par mètre carré.

Sur la parcelle témoin, culture habituelle. Quand les plants ont atteint 15 cm, on les a buttés normalement. Sur l’autre parcelle, les pommes de terre ont été posées au sol à l’espacement classique, puis recouvertes de 5 à 8 cm de paillis : paille, feuilles, débris végétaux. Une deuxième couche de 5 cm a été ajoutée dès la germination. À la récolte, on a noté précisément le nombre de tubercules, leur poids, le nombre de pommes de terre vertes. Plusieurs variétés ont été testées.

Les pommes de terre en paillis ont accusé un retard de développement : jusqu’à deux semaines d’écart avec celles cultivées en terre. La raison ? Le paillis retient moins la chaleur que le sol. En revanche, un énorme avantage : très peu de mauvaises herbes. Elles ne poussent tout simplement pas sur ce support. Le revers de la médaille : limaces, escargots et souris aiment davantage ce milieu. Les tubercules restent exposés sous une couche fine de fibres. Après récolte, c’est un gain de temps énorme. Les tubercules sortent propres, sans terre collée. La récolte elle-même est plus facile, sans outils qui risqueraient d’endommager les tubules. Dernier point positif : l’irrigation s’avère moins nécessaire avec cette méthode.

Le test a permis de dégager des améliorations. Mieux vaut ameublir le sol avant de cultiver et enfoncer légèrement les tubercules quelques centimètres dedans plutôt que de les laisser en surface. Ne pas mettre d’emblée une couche de paillis trop épaisse. Mieux vaut commencer fin, puis renforcer la couche une fois que les plants ont levé. Pour le paillis, le plus économe : récupérer ce que le jardin produit. Feuilles, brindilles, paille, herbes, à brasser si besoin. On peut aussi ajouter des feuilles de consoude, riches en potassium.

Photos : gerbeaud.com